faut il vraiment une raison
Parfois, je me dis que les gens qui croisent nos vie sont un peu comme les étoiles de notre ciel.
Ils y a ceux que l'on voit à peine, juste quand les jours sont beaux, comme dirait Desproges quand la saison revient au saucisson et au barbecue...
Puis il y a les vrais qui sont comme les constellations, toujours là, que l'on sait où trouver où que l'on soit sur la planète.
Et puis, il y a les étoiles filantes... qui traversent notre ciel juste un instant.... moment fugace que l'on regarde passer ou que l'on aimerait retenir.... dont il faut juste apprendre à aimer la lumière qu'elles apportent un instant...
Serge je pense souvent à toi en ce moment... peut être le mois d'aout, ton anniversaire .... va savoir... tiens oui, je n'y avait pensé tu étais lion aussi, j'en connais au moins deux alors.... je n'y avais jamais fait attention, peut être parce qu'à l'époque on ne m'avait pas encore bourrée la tête de ces conneries ... on m'aurait dit, c'est pas la peine poisson - lion ça le fait pas.... et pourtant.... dès la première rencontre ça a passé.... comme un instinct, quelque chose bien au delà des mots.... on s'est trouvé dans la musique, dans la douleur cachée au fond de nous que les autres ne voyaient pas.... en général, les gens n'aime pas beaucoup Florent Pagny... moi je ne peux m'empechér d'avoir de la tendresse pour lui... je pense à toi et ta voix de baryton... serge le chanteur d'opéra, ils se moquaient de toi les autres, tous les copains.... tu chantais bien "savoir aimer, juste pour le geste.... et s'en aller"...
Je t'ai connu si peux... peut être un an... justes quelques rencontre mais elles m'ont marquées ....
souvent je ne comprenais pas les autres, qui te laissaient seul quand nous faisions des fêtes et pourtant dieux sait qu'à cette époque on en faisait... tu faisais partie de leur bande pourtant... mais si je demandais "et serge il est pas là... ?. on me répondait " oh... serge.... !!! » avec un mouvement évasif de la main.... moi j'ai souvent rien dit après tout j'arrivais, j'étais nouvelle comme on dit, j'avais pas besoin de me mêler de ces histoires là... mais j'aurais bien aimé que tu sois là... plus que de les voir eux à vrai dire.... picoler... manger... rire gras... picoler... enfin....
Je me souviens quand On a débarqué chez toi début aout, pour un anniversaire improvisé... toi tu n’aurais rien fait... je m'en souviens j'ai nettoyé toute ta cuisine de solitaire, mis un bouquet de fleur sur la table, tu étais content je crois, peut être du bouquet, peut être qu'on ait pensé à toi ce jour là...
je me souviens aussi ... surtout… le samedi peut avant noël, où nous discutions tous les deux seuls dans la cabine de peinture de ton garage... une grande discussion sur le sens de l'amitié... pourquoi cette discussion ? , pourquoi ce jour là... ? mon ex-astro disait que j'avais des intuitions que je ne savais pas comprendre... est ce que s'en était une... ? tu me disais que ta douleur tu ne la partageais pas, que ça ne servait à rien... et moi je te demandais à quoi servait les amis, à quoi je servais... ? Enfin je ne me rappelle plus de tout, mais nous avons parlé longtemps...
Le samedi soir tu as mangé chez Valérie et Fabrice
Le dimanche soir tu as mangé chez Philippe et marie
Le lundi soir mon mari est rentré.... « Serge et mort il s'est pendu dans son garage.... »
je m'entends lui dire " c'est pas vrai !!!" réaction à la con... même si mon mari n'était pas des plus fin, c'est pas le genre de blagues qu'il aurait fait.. et puis c'était quand même son deuxième pote qui se pendait... ça fini par travailler ces choses là, surtout quelqu'un qui se veut l'ami de tout le monde et qui doit finir par se dire... j'sais pas quoi en fait... !!! enfin ça l'a rendu très malheureux aussi... à part que lui ça réaction comme d'hab... rien qui sort rien qui se voit, « et puis de toute façon on peut rien faire pour empêcher ça... » et puis toujours son caractère à la con de se voiler la face quand il arrive quelque chose... " oh... serge.... !!! » avec un mouvement évasif de la main....
il m'a raconté que c'était ton ouvrier qui t'avait trouvé en ouvrant l'atelier le lundi matin, que tu avais mis tes plus beaux habits pour te pendre, que tu devais préparer ça depuis longtemps, qu'on avait retrouvé (toi le bordélique) tous tes papiers, ta compta à jour... oui, ce n'était pas le désespoir d'un soir, un coup de cafard, tu préparais ta mort, tu y pensais déjà quand tu parlais avec moi, que tu mangeais avec les autres en riant... personne n'a rien vu
Moi je me souviens, un peu comme dans les films.... j'ai glissé le long du mur je me suis accroupie et j'ai pleuré, pleurais... pendant des jours je t'ai pleuré toi que je connaissais si peu... j'avais mal... je me disais que ce jour là j'aurais du comprendre quelque chose que je n'ai pas compris.. et puis pas seulement la culpabilité que tout le monde doit éprouver dans ces moments… mais la douleur, la douleur de me dire que je ne te verrais plus, que tu n’existais plus que dans mon souvenir.
nous somme allés à ton enterrement , tous... et il y avait tellement de monde... j'ai découvert à quel point les gens t'aimaient... comme ils avaient du oublier de te le montrer... ils te le montraient là dans cette église froide aujourd'hui... ta mère je l'ai vu pleurer , on aime pas enterrer son enfant.... il n'y avait que tes fils, je n'ai pas compris la rage de Philippe à ce moment, il disait que c'était à cause d'eux si tu étais là... je ne les connaissais pas.... j'ai juste vu que c'étaient les seuls qui ne pleuraient pas.
Les cloches ont sonné pour toi on s'est dit au revoir...
Quelques jours après nous partions à la montagne avec mon mari et sa famille ... ça m'a fait du bien... quand je glisse sur les pistes je fais le vide...j’oublie quelques instants… le silence…juste le bruit du vent dans ma tête… qui me nettoie de tout…, et puis en haut de la montagne je te retrouvais un peu, l'impression d'être plus près de toi....
On a fait noël et puis le jour de l'an... on est passé à1999... ... je crois que c'est ça, tu as choisi ce moment pour ne pas voir arriver cette nouvelle année... Peut être ne voulais tu pas de ce siècle qui arrivait derrière
Je suis allée sur ta tombe, quelques semaine après .... déjà abandonnée... je l'ai nettoyée...il y avait un petit rosier en train de mourir je l'ai pris... je l'ai replanté chez moi.... il pousse toujours... quelque part il y a toujours des fleurs qui vivent pour toi...
Tu sais je te parle souvent.... parfois j'espère qu'il y a vraiment quelque chose après.... juste pour que tu saches qu'ici on pense encore à toi... que si tu as été une étoile filante dans ma vie, la trace ne s'est pas effacée.... cette année on aurait fait tes 60 ans.... 9 ans déjà... j'ai l'impression que c'était hier qu'on chantait tous les deux....
Tu sais tu dois être la première chanson que j'ai écrite... je ne l'ai jamais mise en musique... ce n’était pas une vraie chanson... juste quelques mots de rage je crois... de tout ça...
Bises Serge on se retrouvera... je le sais... un jour il y aura une nouvelle constellation dans le ciel et on leur explosera les oreilles à chanter " savoir aimer, juste pour le geste...."
véro toujours là....
Tiens j'ai retrouvé le petit texte écrit pour toi... je l'avais mis là... rangé dans les cahiers de véro
Dans la multitude des grandes villes,
il est de ces hommes qu'on croise le sourire et la musique aux lèvres.
Ils semblent réciter une comptine pour enfant qui fait sourire les passants et dire
"la vie est belle mais je n'ai pas le temps de chanter"
Dans la solitude des grandes villes
Ces hommes murmurent une prière que personne ne s'arrête pour écouter.
"Je suis seul pour chanter, j'ai le coeur et les bras trop grands. j'ai tant à partager"
La vie est belle et les passants si futils.
Dans la nuit des grandes villes,
un homme au fil des jours, des passants et des silences,
veut étouffer cette voix qui lui chante toujours la même comptine:
"La vie est belle quand on est deux à chanter",
mais les passants ne chantent que dans les églises .
Alors son chant ne tient qu'à un cri, comme sa vie ne tient qu'à une corde.
Au petit jour dans la grande ville,
bien avant que ne s'éveillent les passants,
Dans le cimetière du haut de ta croix s'élève le chant d'un oiseau.
" l'homme qui chantait est mort, passants pleurez encore ".
Ta voix me manque....chante encore mon ami
à Serge Zunigas